
Faire de l'ombre dans un potager plein sud, sur un ancien terrain de tennis à Ohain
Le jardin de Sylvie, à Ohain, a une histoire particulière : c'était un terrain de tennis avant qu'elle et son architecte paysagiste ne le repensent entièrement. À la place des lignes blanches, une pelouse vallonnée, des bacs de culture disséminés un peu partout, et une serre MyFood installée pour son projet de vie — une serre en aquaponie, mais sans poissons, juste les nutriments. Sylvie a pris goût à la mise au vert. Elle veut surtout pouvoir cultiver au printemps et en été, sans se prendre la tête avec l'hiver. Reste un problème, et pas des moindres : cet espace potager est en plein sud, très ensoleillé, et la chaleur monte vite — trop vite — dans la serre comme dans les bacs en corten.
Un sol hérité d'un terrain de tennis
Le terrain a été décaissé sur 50 cm pour retirer la base de l'ancien court de tennis — brique pilée et stabilisé — mais il en reste malgré tout un peu en profondeur. Par-dessus, de la terre argileuse a été rapportée pour permettre les plantations. Résultat : un sol tassé, argileux, assez éloigné d'une bonne terre de jardin. Un point de départ qu'il fallait garder en tête avant même de penser à l'ombrage.
Trop de soleil, pas assez de fraîcheur
L'exposition plein sud, un vrai atout pour la croissance au printemps, devient un problème dès que les températures grimpent : la serre chauffe fort, et les bacs en corten — qui accumulent la chaleur par nature — surchauffent au point de stresser les racines. Sylvie m'a contactée pour trouver des solutions capables de faire baisser la température sans dénaturer l'esprit du lieu.







Une pergola en pente pour faire grimper les kiwis
Parmi les pistes discutées, celle qui est ressortie : une pergola métallique en demi-pente, installée à gauche de la serre. Les kiwis y seront plantés cet automne, la meilleure saison pour les mettre en terre. En attendant, la structure sert déjà : on peut y tendre des draps, un voile d'hivernage ou des voiles d'ombrage pour créer de l'ombre sans attendre que les plants grimpent.
Une arche entre les bacs corten, pour les courges et les concombres
Entre les deux bacs en corten du potager principal, une arche métallique relie désormais les deux structures. Concombres et courges viendront la couvrir au fil de l'été, créant un tunnel d'ombre naturel au-dessus du passage.
Des oyas pour une réserve d'eau en profondeur
Pour renforcer la résilience des cultures — dans les bacs comme en pleine terre — j'ai fourni des oyas à installer à différents endroits du jardin. Enterrées près des racines, elles créent une réserve d'eau qui s'infiltre lentement et pousse les plantes à développer un système racinaire plus profond, donc plus résistant à la chaleur et au manque d'eau.




















Deux plates bandes en corten pour les framboisiers, artichauts et choux
De chaque côté de la serre, deux nouvelles bandes bordées de corten structurent maintenant l'espace : d'un côté les framboisiers, de l'autre une place pour les artichauts et les choux. De quoi cloisonner le jardin sans que les framboisiers ne s'étalent partout.
Un bac de 4 mètres et une étagère à tomates joint à la terrasse
En remontant vers la maison, sur une terrasse en bois surplombant le potager, Sylvie cultivait déjà tomates et aubergines en pot — un emplacement lui aussi très ensoleillé. Elle voulait un vrai bac le long de la terrasse, relié à la terre pour que la microfaune puisse y circuler. Le bac en douglas de 4 mètres a été installé à la mi-septembre. Au-dessus, une structure métallique — une sorte d'« étagère à tomates » pour tuteurer facilement les plants et y accrocher bâches ou voiles d'ombrage — est en cours de soudure sur place, en vue de la saison prochaine.






Ce que les canicules d'août nous ont appris
Pergola, arche et bandes en corten étaient en place dès la mi-août, avant même que les kiwis, courges et concombres n'aient eu le temps de grimper : la pergola et l'arche ont tout de suite servi à accrocher des voiles d'ombrage et des parasols pour protéger les cultures en dessous. Côté arrosage, les oyas ont fait une vraie différence — sous le paillage de foin, elles ont aidé les plantes à garder leur humidité malgré la chaleur. Les courgettes de Sylvie, en particulier, ont adoré. La suite : les kiwis plantés cet automne, l'étagère à tomates terminée, et un potager qui devrait tenir la fraîcheur un peu mieux dès l'année prochaine.
Votre jardin a lui aussi ses contraintes — sol difficile, plein soleil, vent ? On peut sans doute trouver une solution, comme pour Sylvie.
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