
Le compost maison pour les nuls
Le compost, c'est un peu le cœur battant du potager naturel. Il transforme les épluchures, les feuilles mortes et les restes de jardin en une matière sombre et peu odorante qui nourrit le sol en profondeur.
Pourtant, beaucoup hésitent à se lancer. Peur des odeurs, des rats, de mal faire. La vérité, c'est que le compostage est un processus naturel : la nature le fait toute seule, sur le sol de chaque forêt. Notre rôle se limite à lui donner un coup de main.

Le principe en une phrase
Des micro-organismes, des vers et des insectes décomposent la matière organique, à condition d'avoir trois choses : un bon mélange de matières, de l'air, et un peu d'humidité. Si ces trois conditions sont réunies, le compost se fait. Si l'une manque, il ralentit ou tourne mal.
Bac, silo ou tas ?
Les trois fonctionnent. Le tas à même le sol, dans un coin du jardin, est la solution la plus simple quand on a de la place. Le bac ou le silo en bois est plus net, plus compact, et garde mieux la chaleur. Les composteurs en plastique conviennent aux petits jardins mais les variations de températures leurs sont souvent fatal (surtout le couvercle). #çasentlevécu
Dans tous les cas, on installe le compost directement sur la terre, pour que les vers et les organismes du sol puissent y accéder. On le place à mi-ombre, à l'abri du plein soleil qui le dessèche, et pas trop loin de la cuisine : un compost trop éloigné est un compost qu'on délaisse. On peut aussi disposer d'un seau de compost qui se ferme et qui est emmené toutes les semaines sur le compost principal.
En Wallonie, certaines communes et intercommunales proposent des composteurs à prix réduit, et parfois l'accompagnement de guides composteurs bénévoles. Ça vaut la peine de se renseigner.


Les « verts » et les « bruns » : le seul vrai secret
On distingue deux grandes familles de matières. Les « verts » sont humides et riches en azote : épluchures de fruits et légumes, marc de café, tontes de gazon, déchets frais du potager. Les « bruns » sont secs et riches en carbone : feuilles mortes, paille, petites branches broyées, carton brun déchiré, sciure non traitée.
Un bon compost, c'est un mélange des deux. Trop de verts, et le compost devient humide, tassé, malodorant. Trop de bruns, et il ne se passe presque rien. Une règle simple : à chaque apport de déchets de cuisine, on ajoute une quantité à peu près équivalente, voire un peu plus, de matières brunes.
L'astuce : garder un stock de feuilles mortes à côté du compost, ramassées à l'automne. On en a ainsi toujours sous la main. Surtout quand on apporte ses tontes de pelouse, cela permet de créer des couches de feuille entre les couches de tonte. Comptez 1 bac de feuille morte pour 2 bacs de pelouse. Et un petit arrosage au passage.
Ce qu'on met, ce qu'on évite
On peut composter la grande majorité des déchets organiques de la maison et du jardin : épluchures, restes de fruits et légumes, coquilles d'œufs écrasées, marc de café et filtres, sachets de thé sans agrafe, fleurs fanées, feuilles, tontes en fine couche.
On évite en revanche la viande, le poisson et les produits laitiers, qui attirent les nuisibles et se décomposent mal dans un compost de jardin. On évite aussi les excréments de chiens et de chats, les plantes malades, et les adventices montées en graine, sauf si le compost chauffe beaucoup. Le pain et les restes cuits sont à limiter.




L'humidité : comme une éponge essorée
Un compost doit être humide, mais pas détrempé. Le bon repère : quand on presse une poignée de matière, quelques gouttes perlent, sans plus. Comme une éponge essorée.
En été, il arrive qu'on doive l'arroser légèrement. En hiver, on peut le couvrir d'une vieille bâche ou d'un carton pour éviter qu'il soit lessivé par la pluie.
L'aération : remuer de temps en temps
Les organismes qui font le compost ont besoin d'oxygène. On remue donc le tas de temps en temps, avec une fourche, pour l'aérer. Une fois par mois, c'est déjà très bien. Ceux qui ne remuent jamais obtiennent aussi du compost, simplement plus lentement.
Mélanger des matières grossières, comme des petites branches, aide aussi à garder de l'air dans le tas.
Les problèmes courants (et leurs solutions)
Le compost sent mauvais ? Il est trop humide ou contient trop de verts. On ajoute des bruns et on remue.
Rien ne se passe ? Il est trop sec ou contient trop de bruns. On ajoute des déchets verts et un peu d'eau.
Des moucherons apparaissent ? On recouvre chaque apport de cuisine d'une couche de feuilles ou de paille.
Des rongeurs viennent visiter ? On vérifie qu'aucun reste cuit ou animal ne s'y trouve, et on peut poser un grillage fin sous le composteur.
Quand est-ce prêt ?
Selon les conditions, il faut compter six mois à un an. Le compost mûr est sombre, grumeleux, et sent bon le sous-bois. On ne reconnaît plus les matières d'origine, à part quelques morceaux de bois ou de coquilles.
Pas besoin d'attendre qu'il soit totalement mûr pour l'utiliser : un compost jeune, encore un peu grossier, peut être étalé en surface au pied des plantes gourmandes, comme une couverture qui finira de se décomposer sur place.


Pour quoi l'utiliser ?
On l'étale en surface, sur quelques centimètres, au printemps ou à l'automne. Les tomates, courgettes, courges, choux et poireaux en raffolent. On en met aussi un peu à la plantation, dans le trou. Pas besoin de l'enfouir profondément : les vers de terre se chargent de l'incorporer au sol.
Un potager, ça s'apprend en faisant. Le compost aussi. On se lance, on observe, on ajuste. Et la première poignée de compost mûr, c'est une petite fierté qu'on n'oublie pas.









Envie d'aller plus loin ?
La formation Potago « Plan du potager & amélioration du sol » à Marchin aborde le compost et la fertilité naturelle du sol, à découvrir ci-dessous :
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