
Un compost en palettes glissé dans la haie à Saint-Marc (Namur) — fini les déchets verts au parc à conteneurs
À Saint-Marc, sur les hauteurs de Namur, je viens d'installer un compost chez Alexandre et Ophélie. Deux trajets revenaient sans cesse chez eux : celui des épluchures vers la poubelle, et celui des tontes et des tailles vers le parc à conteneurs. L'idée est simple : ce que la cuisine et le jardin produisent reste sur place et redevient de la terre.
Le coin choisi n'avait rien d'évident au premier coup d'œil : un recoin entre deux pans de haie de hêtres, adossé à un vieux mur couvert de lierre. C'est justement ce qui en fait le bon endroit. Le compost y est à l'ombre, à l'abri du vent, à portée de main depuis la maison, et pourtant presque invisible depuis la pelouse.





Un compost qui se fond dans la haie
Je voulais que ce compost soit un élément du jardin à part entière, pas une verrue qu'on cache derrière une bâche. Il vient se loger dans l'angle, entre les troncs des hêtres, et la haie le recouvre en partie. Le sapin est encore bien clair pour l'instant, mais il va griser au fil des saisons et prendre peu à peu la teinte des troncs et du mur. Dans un an, il faudra presque savoir qu'il est là pour le trouver.
De grandes palettes en sapin non traité
Le bac est fait de belles grandes palettes en sapin, un seul compartiment, simple et costaud. J'ai volontairement choisi un bois non traité. Ce compost finira un jour étalé sur des cultures, et je ne veux pas que des produits de traitement migrent du bois vers la matière, puis vers les légumes. Un bois brut vivra un peu moins longtemps, mais ce qui sort du bac reste propre.
Les lames sont espacées, à claire-voie. L'air circule, et c'est ce qui fait toute la différence entre un compost qui travaille et un tas qui fermente et qui sent mauvais.
À l'intérieur, une couverture noire est agrafée sur les parois. Elle a trois rôles : retenir le contenu pour qu'il ne passe pas entre les lames, éviter le contact direct entre la matière humide et le bois pour que les palettes tiennent plus longtemps, et limiter le dessèchement pendant les étés chauds. Au sol, un grillage empêche les rongeurs de s'installer par en dessous, tout en gardant le contact direct avec la terre. C'est par là que montent les vers et toute la petite faune qui fait le vrai travail de décomposition.
Honnêtement, c'est le genre d'aménagement facile à mettre en place. Quelques palettes, une toile, un bout de grillage, un coin d'ombre : pas besoin d'un grand jardin ni d'un gros budget pour arrêter de jeter ce qui peut redevenir de la terre.
Ce qui va dedans (et la haie qui donne un coup de main)
Le conseil que je donne à chaque fois : alterne le vert et le brun. Le vert, ce sont les épluchures, le marc de café, les tontes fraîches. C'est humide et riche en azote. Le brun, ce sont les feuilles mortes, les petites tailles, le carton brun déchiré. C'est sec et riche en carbone. Trop de vert, ça tasse et ça sent. Trop de brun, ça ne bouge plus.
Ici, la haie de hêtres fait une partie du boulot. Chaque automne, elle offre une belle réserve de feuilles mortes, juste à côté du compost. Garde-en un ou deux sacs de côté : pendant tout l'hiver, une poignée de feuilles par-dessus chaque seau d'épluchures, et l'équilibre est fait.
Ce que j'évite d'y mettre : la viande, le poisson, les plantes malades, et les herbes montées en graines si tu n'as pas envie de les ressemer partout dans le jardin.
Quand le bac sera plein : un compost qui circule
Alexandre et Ophélie n'ont pas forcément l'usage de tout ce compost dans leur jardin. On a donc convenu d'un fonctionnement simple : quand le bac sera plein et le compost mûr, je viendrai le vider pour nourrir mes cultures. Eux se débarrassent de leurs déchets sans trajet ni poubelle, et la matière retourne à la terre un peu plus loin. C'est une petite boucle locale, et c'est exactement le genre d'échange que j'aime voir se mettre en place entre voisins, amis ou jardiniers d'un même coin.
Prochaine étape : la pelouse
Le chantier n'est pas terminé. Devant le compost, la pelouse a pris cher pendant les canicules de cet été : des zones de terre à nu, et des petites plantes sauvages qui ont pris la place de l'herbe par endroits. Ce sera la suite du chantier, et je te raconterai comment on s'y prend pour la remettre sur pied sans tout retourner.
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