Le jardin avant de Marchin : des graviers aux fruitiers, étape par étape

RéalisationÉvolution saison
Marchin
Jardinage naturel & sans produits chimiques
Natagora

Devant notre maison à Marchin, il y a une bande de terrain entre la façade en grès et la rue. C'est elle qui accueille quand on arrive à la porte d'entrée. Pendant longtemps, elle n'avait rien d'accueillant : des graviers, des dalles qui se défaisaient, et la rue juste là.

Depuis 2020, on cherche à en faire autre chose. Aujourd'hui, c'est un petit espace nourricier, fleuri et un peu caché de la rue, où on se sent chez soi. Voici l'évolution de ce projet, étape par étape, avec ses ratés et ce qu'ils nous ont appris.

Vers l'atelier, entre colonnaires et copeaux

Graviers, vieilles dalles et pas beaucoup de place

Au départ, l'avant de la maison, c'était des graviers et des dalles en pierre qui se défaisaient. Vieux, peu pratique et pas accueillant. Le muret qui nous sépare des places de parking le long de la rue ne fait que 30 cm, avec deux colonnes un peu plus hautes qui encadrent l'entrée. Autrement dit, on vivait sous le regard de la rue.

Il y avait aussi des contraintes bien concrètes. Une fois par an, les pellets sont déchargés vers le soupirail de la cave : avec les dalles à moitié enlevées et ce chemin étroit, ce n'était pas une partie de plaisir. Et sur la gauche, la jonction avec le pré voisin laissait entrer l'herbe partout.

2020 – 2023 : un premier essai qui nous a beaucoup appris

Par manque de temps, on a commencé simple : on a retiré les graviers, remis de la terre et du compost, et paillé de copeaux. On a planté des graminées (des stipas), des bulbes (tulipes, alliums) et quelques fleurs comme les soucis, avec une petite bordure de pierres côté pré. Au printemps, avec les tulipes, c'était vraiment joli.

Ça a donné deux grandes plates-bandes. Le souci, c'est qu'elles étaient trop larges : pour désherber, il fallait marcher dessus.

Et du désherbage, il y en avait. L'herbe du pré a tout envahi, le liseron et la prêle se sont installés, et les campagnols ont mangé les tulipes (j'en parle dans l'article sur le campagnol terrestre). Résultat : énormément d'entretien pour un coin où on ne passait presque jamais de temps.

2024 : on prend le temps de réfléchir

En 2024, plutôt que de continuer à rafistoler, on a repensé l'ensemble. L'envie : quelque chose de plus organique et nourricier, et surtout un peu plus caché et fermé côté rue. Qu'on se sente chez soi en arrivant à la porte. Un projet comme celui-là évolue à long terme : il faut juste une vision, puis un plan d'actions. On s'y est mis à l'hiver 2024-2025, souvent dans le brouillard.

  • Avant : graminées et herbe envahissante
  • Avant : première plate-bande en copeaux
  • Avant : tulipe jaune dans les copeaux
  • Avant : tulipe rouge vue d'en haut
  • Avant : allium devant la façade
  • Avant : allium face à la campagne
  • Avant : terre nue et vieilles dalles
  • Début du chantier en hiver, crocosmia Lucifer

L'évolution du jardin avant, étape par étape

  • Chantier dans le brouillard : ganivelle posée
  • Les bordures en corten se dessinent
  • L'entrée entre les colonnes pendant le chantier
  • Bordure corten neuve et herbe de la pampa
  • Le futur coin de la mare, côté pré
  • Pierres de récup devant l'atelier
  • Le bac en chêne vient d'être posé
  • Le sable est étalé sur le chemin

Les choix qui font la différence

Des plates-bandes étroites. On jardine depuis l'allée, la terre n'est jamais tassée, et arracher une herbe indésirable devient un geste de deux minutes en passant.

Une clôture vivante plutôt qu'un mur. La ganivelle en châtaignier de 1,50 m et les pommiers colonnaires forment une haie nourricière qui coupe la vue de la rue sans enfermer. On ne la taillera que quand elle deviendra trop haute.

Étager les récoltes. Pommes en hauteur, groseilles à maquereau au milieu, fraises au sol : sur une bande étroite, on récolte à trois niveaux. Les lavandes et les fleurs attirent les pollinisateurs.

Des matériaux qui vont avec la maison. Les bordures en corten se patinent et se marient avec le grès. Le bac potager est en chêne, sans traitement, et durera des années (comme le bac à aromates de la terrasse). Les pierres plates de récup retrouvent une seconde vie.

Un sol couvert toute l'année. Foin d'abord, puis copeaux de bois : le paillage limite les herbes indésirables, garde l'humidité et nourrit le sol. Tout est expliqué dans l'article sur le paillage. Dans le bac en chêne, une oya garde la réserve d'eau au pied des courges et des choux.

Des grimpantes sur la ganivelle. En attendant que la clématite montana la recouvre, je sème dans le bac des petits pois, des pois de senteur et d'autres légumineuses qui s'accrochent aux lattes. Fleurs au printemps, cosses en été, et de l'azote pour le sol.

Des abris pour les auxiliaires. Des pots en terre cuite garnis de foin, retournés sur les piquets de la ganivelle, logent les perce-oreilles, grands mangeurs de pucerons.

Plate-bande nourricière le long de la ganivellePlate-bande paillée de copeaux – varianteGroseilliers et fraisiers au pied des colonnairesPois à fleurs pourpres sur la ganivellePot à perce-oreilles sur la ganivelleCourge, kale et oya dans le bac en chêneLa plate-bande nourricière en étéAgastache et échinops le long de la ganivelleClématite montana palissée et fraisiersPetits pois pallissés sur une clôture en châtaignierPetits pois en fleurs contre une clôture en châtaignier

La mare, le cœur du coin côté pré

Le bassin qu'on m'a offert a trouvé sa place en contrebas, là où le terrain descend vers le pré. On l'a garni de galets et de pierres plates, avec une berge en pente douce : grenouilles, crapauds et insectes peuvent entrer et sortir sans se noyer. Un petit muret en pierres sèches, juste derrière, leur sert de refuge.

Le sol, argileux et caillouteux, a été bien amélioré avec de la terre, du compost, du BRF et du broyat. Autour de l'eau poussent le cerisier bigarreau Napoléon, un pêcher, la plante curry, la lavande, la consoude, la salicaire et les iris. La consoude est une vraie star : les bourdons l'adorent et ses feuilles font un excellent paillis.

  • Installation de la mare dans l'angle
  • La mare paillée et le jeune cerisier
  • Godets disposés avant plantation
  • Mare garnie de galets
  • La mare et son muret en pierres sèches
  • La mare en été
  • Salicaire et asters près de la mare
  • Coloquintes au bord de la mare
  • Pommier colonnaire chargé de pommes côté mare

La vie s'installe

On n'a rien introduit, on a juste créé les conditions. En quelques mois, crapauds communs et grenouilles se sont installés dans la mare. Les bourdons butinent la consoude au printemps, puis les échinops et les grosses fleurs violettes des artichauts sauvages en été. Le chat, lui, surveille tout ça depuis le muret.

Le jardin de Marchin est labellisé Réseau Nature de Natagora, et le jardin avant en fait pleinement partie : aucun produit chimique, des fleurs mellifères, des abris et un point d'eau.

Crapaud commun sur un galet de la mareGrenouille dans la mareBourdon sur une fleur de consoudeBourdon sur un échinopsCrapaud commun en gros planPlaque Réseau Nature de NatagoraObserver la mareLe chat veille sur la mareBourdons sur une fleur de cardonMassif de crocosmias, échinops et cardons

Et la suite ?

Un jardin, ça ne se termine jamais vraiment. Sur toute la zone où l'on marche, il n'y a pas beaucoup de place, et le sol est pour l'instant couvert de copeaux. Prochaine étape : dessiner de vrais chemins et de petits espaces, avec un banc en poutre de récup, pour mener jusqu'au bâtiment d'à côté.

Vers le garage, un muret en grès est surplombé d'aromates : mélisse, et romarin rampant qui crée une cascade sur les pierres. Des pavés nous emmènent au sec jusqu'à l'atelier. Et le long de la maison, après le bac en chêne, les cassis et la clématite montana vont peu à peu habiller la ganivelle.

Reste une question : l'herbe de la pampa. On l'avait plantée tout au début pour ses tiges décoratives. Elle est belle, mais imposante. On la garde ou on l'enlève ? On hésite encore.

Viens le voir en vrai

Le jardin avant se visite lors des événements et activités chez Potago à Marchin : journées jardin ouvert, ateliers et formations. Les dates sont annoncées dans l'agenda du site.

Toi aussi, l'entrée de ta maison manque d'accueil ? Même un petit espace peut devenir nourricier, fleuri et facile d'entretien. Potago conçoit et aménage ton jardin, avec un maximum de matériaux de récup. Tu peux aussi commencer par une visite-conseil chez toi.

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